Propagande anticommuniste en Thaïlande

Propagande anticommuniste en Thaïlande

La collection de George V. Smith est composée d’affiches et des livrets de propagande anticommuniste en Thaïlande, collectés par le lycée pour garçons de Kalasin, de 1967 à 1969.

Ils ont presque certainement été financés par le service d’information des États-Unis.

L’anticommunisme a généralement été peu étudié, ce qui est peut-être lié à l’illégitimité ressentie par une grande partie des universitaires à travailler sur une inclination lui étant étrangère : comment prétendre lutter contre « la grande lueur à l’Est » et contre la « promesse d’origine » qui, malgré les échecs, semblaient devoir faire durer l’« illusion »?
L’anticommunisme souffre dès ses débuts de son opposition à l’espoir consistant à faire triompher la justice sur cette terre et de n’être qu’une réaction qui ne propose pas d’alternatives.
Ce rejet de l’anticommunisme a fait qu’il n’a jamais eu l’aura de l’antifascisme ou même de l’antiaméricanisme. Ce dernier permettait de dénoncer la collusion entre anticommunistes et intérêts américains qui maintenait une grande partie de la planète sous l’emprise de Washington et de ses services secrets.

Le régime de Sarit Thanarat (1958-1963), dictateur pro-américain et anticommuniste, est autoritaire. Les partis politiques et les journaux d’opposition sont interdits et les droits constitutionnels suspendus. L’aide militaire américaine est attendue pour repousser la menace communiste en Thaïlande. Après le décès de Sarit Thanarat en 1963, ses successeurs conservent des liens forts avec les États-Unis. Près de 50 000 militaires américains se poseront en Thaïlande en 1968.
En 1972, plus de 3 000 paysans, soupçonnés de soutenir la rébellion communiste, sont massacrés par les forces armées dans le Sud de la Thaïlande.
Jusqu’alors, les suspects communistes arrêtés par l’armée étaient habituellement abattus et leurs corps laissés sur place.
Cette fois-ci, la méthode des « barils rouges » a été introduite pour éliminer toute preuve possible. Les suspects ont été frappés jusqu’à être rendu semi-conscients, avant d’être jetés dans des barils contenant de l’essence et brûlés vifs.

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