Wat Chang Lom

Wat Chang Lom

Wat Chang Lom – Le temple aux éléphants de Si Satchanalai

Au cœur de la cité historique de Si Satchanalai, Wat Chang Lom — littéralement « le temple entouré d’éléphants » — s’impose comme l’un des monuments les plus fascinants du parc. Installé presque au centre de l’ancienne ville fortifiée, il s’oriente vers le sud‑est, dans la direction paisible de la rivière Yom.

Dès l’arrivée, on comprend pourquoi ce temple est considéré comme l’un des joyaux de la région : son ampleur, son élégance et son état de conservation en font une étape incontournable pour tout voyageur explorant les vestiges du royaume de Sukhothaï.

Les temples voisins, dont Wat Chedi Chet Taeo ou Wat Nang Phaya, sont alignés sur le même axe, comme s’ils rendaient hommage à ce monument central. Bien que longtemps considéré comme l’un des plus anciens temples de la ville, des recherches récentes laissent penser que d’autres sites pourraient être antérieurs. Cela n’enlève rien à la majesté de Wat Chang Lom, dont la finesse architecturale et la puissance symbolique continuent d’impressionner.

Le temple est également l’un des rares de Si Satchanalai à être mentionné dans une inscription ancienne : la célèbre stèle de Ramkhamhaeng. Celle‑ci raconte qu’en 1285, le roi aurait découvert des reliques du Bouddha et les aurait exposées au peuple avant de les ensevelir sous un chedi commémoratif. Même si l’authenticité de cette inscription fait débat, elle contribue au charme historique du lieu. Les fouilles archéologiques menées dans les années 1980 suggèrent toutefois une construction plus tardive, probablement autour des années 1370, sous le règne du roi Lithai. Les fragments de céramique chinoise retrouvés sous le monument et les différentes couches d’occupation du sol racontent une histoire complexe, où le site a évolué au fil des siècles.

Un chedi spectaculaire, gardé par 39 éléphants

La visite de Wat Chang Lom séduit d’abord par son plan simple et harmonieux. Le grand chedi, inspiré des modèles sri‑lankais, domine l’ensemble. Il repose sur plusieurs niveaux carrés qui s’élèvent en gradins, installés sur une plateforme de 31 mètres de côté, elle‑même entourée d’un mur carré de 50 mètres.

Mais ce qui rend le temple vraiment unique, ce sont les 39 éléphants sculptés qui entourent la base du chedi.

Alignés dans les quatre directions, ils semblent émerger de la structure pour en soutenir le poids. Chaque côté en compte neuf, sauf celui du sud‑est où l’escalier remplace l’un d’eux. Quatre éléphants supplémentaires occupent les angles. Même si leurs trompes et leurs défenses ont disparu, ces statues en latérite recouverte de stuc conservent une présence saisissante. Elles évoquent la puissance royale et la protection spirituelle, deux thèmes chers à l’art de Sukhothaï.

Au-dessus des éléphants, vingt niches de style môn abritaient autrefois des Bouddhas assis. Certaines statues sont encore visibles, offrant un aperçu émouvant de la dévotion des fidèles qui, autrefois, circumambulaient autour du chedi.

A voir également dans le parc historique de Si Satchanalai :

Wat Nang Phaya
Wat Nang Phaya
Wat Chedi Chet Thaeo
Wat Chedi Chet Thaeo
Wat Phra Prang
Wat Phra Prang

Photographies : Jean-Louis Delbende

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