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L'HISTOIRE DU BOUDDHA D'EMERAUDE

Le Bouddha d'Émeraude est une statue en jadéite vénérée à Bangkok (Thaïlande) dans la chapelle royale du Grand Palais (Wat Phra Si Ratana Satsadaram) et qui est l'emblème religieux et symbolique de la dynastie Chakri et du pays.

Histoire de la statue

Son origine est enrobée de légende.
Elle fait son apparition en 1434 à Chiang Rai dans l'extrême Nord du pays. Elle aurait été découverte dans un chedi éventré par la foudre, et se présentait comme comme une statue en stuc doré.
Plus tard, le stuc se fendillant, une pierre verte translucide apparue, le peuple s'émerveilla, on dit la statue en émeraude et elle fut nommée Phra Keo Morakot.

Le roi de Chiang Mai désira récupérer la statue et envoya un convoi d'éléphant pour la ramener, mais au retour, l'éléphant portant le bouddha se trompa de route et la statue arriva à Lampang, le roi ne voulant pas contrarier les signes divins laissa la statue à Lampang.

Elle y resta 32 ans. En 1468 le nouveau roi de Chiang Mai récupéra la statue. En 1551 le royaume de Chiang Mai passa sous la domination du roi du Laos et le bouddha parti pour Luang Prabang, il y resta jusqu'en 1564 date à laquelle la capitale du Laos fut transférée à Vientiane. En 1778 le général Chakri, futur Rama Ier s'empara de la ville et rapporta la statue à Thonburi. Elle fût placée dans le Wat Arun puis trouva enfin sa place dans la chapelle du palais de la nouvelle capitale en 1784.

La statue et sa vénération

Le bloc de jadéite mesure 75 cm de haut sur 45 de large, la statue elle-même ne mesure que 60 cm de haut, 15 cm du socle non taillés sont cachés dans le piédestal. D'après son style, le Bouddha d'Émeraude appartient à l'école du Nord, ou Chiang Saen. Il fut probablement taillé au XVe siècle. On suppose que la jadéite provient de Birmanie.

La statue est présentée sur un piédestal en or, sur un autel de 11 mètres de haut, dans une cage de verre (la photographier est interdit) et sous un parasol doré à 9 étages symbolisant la royauté universelle.

Le bouddha est au centre de la dévotion royale et populaire. Il possède 3 costumes d'or et de pierreries qui sont changés solennellement par le roi lui-même suivant les saisons au cours de cérémonies. Tout autour du bouddha, au pied de l'autel, s'amoncèlent les présents royaux ou populaires.

Source de l'article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouddha_d%27%C3%89meraude
Cet article est disponible sous les termes de la Licence de documentation libre GNU. Il peut être librement copié et modifié sous condition que les futures versions soient publiées sous la même licence. http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html

GLOSSAIRE :
 
Angkor Vat (Temple d') : Monument le plus célèbre du Cambodge, bâti par le roi Suryavarman II, dans la première moitié du XIIème siècle de l'ère chrétienne et dédié à Vishnu.
Ayuthya : Capitale du Siam ou de la Thaïlande de 1350 à 1767, gouvernée par 33 (ou 34) rois.
Bangkok : ou Ratanakosin, la capitale de la Thaïlande depuis 1782.
Bayon : Nom d'un temple Khmer construit par le roi Jayavarman VII au centre de la ville d'Angkor Thom. Ce terme désigne aussi une école d'art Khmer qui va de la fin du XIIème siècle jusqu'au début du XIIIème siècle.
Bodhisattva : Saints dans le bouddhisme
Mahâyâna, le sauveur pour les Mahâyânistes. Dans le bouddhisme Theravâda, ce nom signifie le futur Bouddha, souvent dans ses incarnations antérieures.
Bouddha : Celui qui est en Illumination. Dans le bouddhisme Mâhâyâna, il y a beaucoup de catégories de bouddhas. Mais dans le bouddhisme Theravâda, il n'existe qu'un Bouddha historique, Srisakyamuni ou Gautama.
Cosmologie bouddhique : Les trois mondes du bouddhisme : Kâmabhûmi (monde du désir), Rûpabhûmi (monde de la forme) et Arûpabhûmi (monde de l'absence de forme).
Dans l'art, souvent, les deux premiers stades sont représentés par l'enfer, la terre et le paradis.
Candi ou Chandi : Ce nom précède souvent le nom d'un monument en Indonésie. Selon quelques spécialistes, il a la même signification que Chedi. Cependant, selon d'autres, il est dérivé du mot Candi, Déesse de la Mort, autre nom d'Uma, épouse de Siva, un des plus grands dieux hindous : ce monument s'appelle ainsi car on croit qu'il a contenu les cendres des morts. Cette théorie reste encore discutable.
Chakri : Nom de la dynastie actuelle de la Thaïlande, représentée par un emblème fait d'un disque (Chakra) et d'une arme à trois pointes.
Chedi : Du Sanskrit "Caitya" ou Pali "Cetiya". Ce nom signifie objet de vénération. En Thaïlande, il est utilisé pour désigner un monument solide bâti pour abriter les reliques du Bouddha ou celles de ses disciples et il contient aussi les cendres des morts. Il a la même signification que "stupa".
Chieng Mai : Nom de la plus grande ville du Nord de la Thaïlande. Elle a été créée par le roi Mangrai en 1297 et fut la capitale de la Thaïlande du Nord (le royaume de Lanna Thai) jusqu'au milieu du XVIème siècle quand elle fut prise par les Birmans. Dès lors, elle fut tantôt indépendante, tantôt colonie d' Ayuthya ou de la Birmanie, jusqu'à ce qu'elle soit incorporée définitivement à la Thaïlande vers la fin du XVIIIème siècle.
Garuda : Roi des oiseaux et monture de Vishnu, un des plus grands dieux hindous. Le motif du garuda
portant le nâga (roi des serpents) a la réputation de chasser les mauvais esprits.
Hindouisme : Religion indienne qui s'est développée du brahmanisme. Dans l'hindouisme, il y a trois dieux majeurs : Brahma (le créateur), Siva (le destructeur) et Vishnu (le sauveur). Dans l'hindouisme la destruction est aussi la création car les hindous croient en la réincarnation.
Indra : A l'origine, Dieu de la Guerre et du Tonnerre pendant la période védique. Dans l'hindouisme et le bouddhisme, il est le maître du paradis Tâvatimsa (le paradis de 33 dieux) au sommet de la montagne Sumeru. Son arme est un éclair de tonnerre (vajiravudh) et sa monture l'éléphant à trois têtes, Airavata ou Erawan. Son teint est vert.
Jâtaka : Les vies antérieures du Bouddha (550 au total) mais les dix dernières sont les plus importantes.
Khmer : Race ancienne du Cambodge, ancêtre des cambodgiens d' aujourd 'hui. Ils créèrent l'ancien Empire Khmer.
Le bouddhisme Mahâyâna : "Grand Véhicule" ou "Moyen Supérieur de Progression". Une forme de bouddhisme qui incorpore beaucoup d'aspects du brahmanisme (hindouisme ancien). Dans le bouddhisme Mahâyâna existent beaucoup de bouddhas et bodhisattvas. Il commenca peut-être au Nord de l'Inde, à peu près au Ier siècle de l'ère chrétienne. Dans le bouddhisme Mahâyâna tardif, on trouve le Bouddha Adi qui est le créateur du monde et les cinq Bouddhas Dhyani, l'un au çentre, les autres aux quatre points cardinaux. Il y a aussi
de nombreux bodhisattvas (voir "Bodhisattva").
Maitreya : Bodhisattva qui va renaître
comme le futur Bouddha selon les bouddhismes Theravâda et Mahâyâna.
Mandapa ou Mondop (en thaï) : Structure carrée surmontée d'un toit pointu et pyramidal.
Nâga : Roi des serpents, ennemi de Garuda (roi des oiseaux).
Prang : Structure thaï imitée d'une tour khmère.
Râmakien : Version thaï de l'épopée hindoue : le Râmâyana. Il y a beaucoup de versions thaïes du
Râmakien mais celle qui a été décrite le long des galeries du temple du Bouddha d'Emeraude s'inspire de la version de Râma I. L'histoire se déroule comme celle d'Hélène de Troie.
L'héroïne de l'histoire, Sitâ, a été enlevée par un grand démon, Râvana. Son mari, Râma, va la rechercher aide par une armée de singes. Maintes guerres eurent lieu avant que Râma ne retrouve sa femme et que les démons ne se soumettent. L'histoire commence au côté Nord des galeries, à l'Est de la porte qui fait face au Vihân Yad et continue en direction de l'Est.
Stupa : Monument solide, à l'origine, bâti pour abriter les reliques du Bouddha ou de ses disciples ou pour marquer un site important dans le bouddhisme. Sa forme vient du tumulus original, Surmonté d'un siège et d'une ombrelle; il signifie la même chose que le mot "Chedi" en thaï.

Sukhothai : Ancienne capitale de la Thaïlande (du milieu du XIIIème siècle au XVème siècle). Elle connut 9 rois successifs. Le troisième, le grand roi Ram Khamhaeng (1279 - 1299) est le plus célèbre.

Le bouddhisme Theravâda : "Doctrine des Anciens", héritière du Pali traditionnel des débuts du bouddhisme. Le Canon Pali est considéré comme doctrine authentique par la doctrine Theravâda. Il est parfois appelé Hinayâna ou Petit Véhicule, terme assez péjoratif utilisé par les mahâyânistes (voir le bouddhisme Mahâyâna).
Thonburi : Ville située en face de Bangkok, de l'autre côté de la rivière Chao Phraya. Elle fut la capitale de la Thaïlande de 1767 à 1782 et ne connut qu'un roi.
Ubosoth : Edifice à l'intérieur d'un monastère bouddhique, entouré par huit stèles formant l'enceinte sacrée du sanctuaire et dans lequel se déroule la cérémonie d'ordination des bonzes ainsi que d'autres rites.
Vihâra ou Vihân (en thaï) : Sanctuaire du monastère bouddhique qui abrite une ou plusieurs statues de Bouddha et où ont lieu les cérémonies du mérite. Ce terme est utilisé, à l'origine, pour désigner la résidence des bonzes.
Vishnu : Un des plus importants dieux de l'hindouisme, muni de quatre bras. Les attributs sont un disque, une conque, un lotus (représentant la terre) et une massue. La monture est le Garuda. Râma, héros de l'histoire du Râmakien, est sa septième incarnation sur la terre où il est venu pour détruire les démons.
On ne devrait pas être surpris de trouver cette légende hindoue décrite dans les fresques des galeries du temple du Bouddha d'Emeraude car le bouddhisme et l'hindouisme s'entremêlent en Asie du Sud-Est depuis leur apparition dans cette région. Le roi de Thaïlande, bien que bouddhiste, est aussi considéré comme une incarnation de Vishnu.

 

Cette scène a parfois été décrite comme une allégorie ou personnification de la pensée de Bouddha. Pendant cette période le Bouddha dut affronter un conflit intérieur : devait-il retourner aux plaisirs terrestres ou continuer à méditer jusqu'à l'Illumination Suprême ?
Il choisit de continuer sa méditation et, plaça sa main droite sur son genou droit pour marquer sa determination à ne pas bouger jusqu'à l'accomplissement de son grand projet.

7. Douze lions en bronze gardant les portes. Il semble que seule la paire qui garde la porte centrale de l'ubosoth à l'Est (réservée au Chef de l'Etat) ait été transportée du Cambodge par ordre du roi Râma I, les autres étant des copies réalisées pendant son règne. Cependant, le Professeur Boisselier, expert français renommé sur l'art Khmer, a examiné la paire centrale de lions gardiens et a estimé que le dessin de la poitrine serait plutôt de style thaï que khmer. Ils ont donc probablement été réalisés par les artisans thaïs qui ont copié les modèles khmers.

Des deux côtés de l'escalier principal, le Panthéon Royal , à l'Est, se trouvent deux lions-gardiens en pierre. Même s'ils ont été considérablement restaurés, on peut voir qu'ils appartiennent au style Khmer du Bayon (au début du XIIIème siècle). On peut donc affirmer que cette paire de lions en pierre a été transportée du Cambodge pendant le règne du roi Râma I et que les lions en bronze sont des reproductions réalisées pendant ce règne.
Autour de l'ubosoth où se trouve le Bouddha d Emeraude, le roi Râma fit bâtir douze petits pavillons.
Au Nord de l'ubosoth, site actuel de la bibliothèque ou Phra Mondop, une bibliothèque construite dans le style tardif d' Ayuthya et du début de Bangkok, installée au milieu d'un étâng afin d'empêcher les termites d'abîmer les manuscrits bouddhiques.
Ce bâtiment servit, pendant ce règne, à la traduction des correspondances étrangères.
A l'Est de l'étang, au Panthéon Royal actuel, deux stupas dorés furent élevés à la mémoire des parents du roi. Un beffroi fut, en outre, placé au Sud de l'ubosoth pour y installer une cloche de bronze d'une exceptionnelle musicalité. Elle fut transportée du Wat Saket à Bangkok.
En 1788, le roi Râma I fit réviser le "Tripitaka" (manuscrit bouddhique) au Wat Mahathat et une fois ce travail terminé, le manuscrit fut transféré à la nouvelle bibliothèque à l'intérieur du temple du Bouddha d'Emeraude où le roi organisa une grande célébration.
Malheureusement, un feu d'artifice atteignit le toit de la bibliothèque, mettant le feu à tout le bâtiment mais épargnant par miracle le "Tripitaka".
A un deuxième stade de la construction, le roi Râma I fit combler l'étang autour de la bibliothèque et élargir les limites du temple aussi bien du côté Est que du côté Nord, comme on le voit à présent. Il fit également édifier des bâtiments supplémentaires.
Au sommet de la colline qui recouvre l'étang, le roi fit bâtir une nouvelle bibliothèque contenant un grand cabinet incrusté de nacre où l'on conserve le "Tripitaka".
Ce superbe cabinet fut réalisé sous la direction de Chao Praya Mahasena, le fondateur de la famille Bunnag. S.A.R. le Prince Naris admira beaucoup cette nouvelle bibliothèque pour son style et sa décoration et, en particulier, le serpent de bronze à visage plus humain que reptilien qu'on trouve sur chaque rampe d'escalier, les démons-gardiens de porte et les panneaux des portes incrustés de nacre.
Dans la zone Nord, agrandie, le plus jeune frère du roi fit construire pour son frère une bibliothèque supplémentaire, Ho Phra Monthien Tham pour y ranger les documents anciens et les restes du "Tripitaka".
Elle servit aussi de bureau pour la traduction des correspondances étrangères.
A l' intérieur, on trouve de nombreux cabinets de livres incrustés de nacre. Le portail du bâtiment, lui-même incrusté de nacre, date de 1752 la dernière période d' Ayuthya, sous le règne du roi Boromkot (1732-1758).
Les peintures murales intérieures, qui remontent au début de la période de Bangkok, ont été récemment restaurées.
A l'ouest, près de la bibliothèque supplémentaire, Ho Phra Monthien Tham, qui voisine le Vihân Yod actuel, furent construits le Vihân Blanc pour abriter les statues de Bouddha et le Vihân Phra Thep Bidorn.
La statue du Phra Thep Bidorn est probablement d'origine hindoue. On considère qu'elle représente le roi U Thong, fondateur d'Ayuthya.
Le roi Râma I fit transporter cette statue à Bangkok et la fit modifier sous la forme du Bouddha revêtu d'un costume royal en argent.
A côté du Vihân Phra Thep Bidorn, à l'Est, un autre vihân fut construit pour abriter un grand Bouddha debout en alliage de cuivre. Il mesure 4m de haut et porte le nom de Phra Nak. Cette statue a été transportée d' Ayuthya et le bâtiment qui l'abrite se nomme Ho Phra Nak.
Devant le temple du Bouddha d'Emeraude, à l'Est, le roi fit construire huit prangs dédiés respectivement du Nord au Sud aux éléments de base du Bouddhisme : le Bouddha, le Dhamma, le Sangha (bonzes), la Bhikshuni (ordre de nonnes bouddhistes aujourd'hui disparu), le Bouddha Pacchekabodhi qui a atteint l'Illumination sans présenter de sermon, le Chakravarti (grands empereurs), le Bodhisattva (Bouddha dans ses vies antérieures selon le Bouddhisme Theravâda) et le Maitreya (futur Bouddha).
Sous le règne du roi Râma II, rien ne fut ajouté mais sous le règne de son fils, le roi Râma III, le temple fut entièrement restauré car beaucoup de bâtiments étaient détériorés et avaient besoin d'être remis en état pour la célébration du cinquantième anniversaire de Bangkok en 1832.
Ce travail débuta en 1831, un an avant les fêtes.
Le roi Râma III fit donc restaurer la superstructure de l'ubosoth et modifier la décoration de ses murs extérieurs, en faisant remplacer la peinture dorée sur fond de laque rouge par un stuc doré orné de verre coloré qu'on peut voir encore aujourd'hui.
Il fit aussi mouler en bronze 112 figures du garuda (roi des oiseaux) portant le nâga (roi des serpents) pour en orner la base. Les fresques intérieures, ont été repeintes, à part les scènes de la cosmologie bouddhique et de l'Illumination du Bouddha, respectivement sur les murs Ouest et Est.
Le piédestal du Bouddha d'Emeraude a été surélevé, comme on a vu, à l'aide d'un socle intermédiaire. Le roi fit également modifier la superstructure des galeries autour du temple et repeindre la totalité du Râmakien (version thaï de l'épopée hindoue, Râmâyana).
Le Vihân Blanc du roi Râma I fut démoli et remplacé par le Vihân Yod dont la superstructure affecte la forme d'une couronne thaï ornée de tuiles vernies et multicolores. La porte de ce bâtiment, inscustée de nacre, date de 1753, sous le règne du roi Boromkot, dernière période d'Ayuthya.
S.A.R. le Prince Damrong Rajanubhab, fondateur de l'histoire et de l'archéologie thaïes, présume qu'à l'origine, la zone au Nord du temple du Bouddha d'Emeraude contenait quatre bâtiments respectivement d'Est en Ouest : le Ho Phra Monthien Tham, le Vihân Blanc, le Ho Phra Thep Bidorn et le Ho Phra Nak. Mais sous le règne du roi Râma III, comme on avait besoin d'un espace suffisamment important pour conserver les cendres des membres défunts de la dynastie Chakri, le roi fit démolir le Ho Phra Thep Bidorn et le Ho Phra Nak et élever à leur place un grand bâtiment.
Les statues du Phra Thep Bidorn (Bouddha en argent revêtu d'un costume royal) et du Phra Nak (grand Bouddha debout en alliage de cuivre) ont été transférées au Vihân Yod et y sont encore aujourd' hui. Même si ce nouveau bâtiment ne contient que les cendres des membres défunts de la dynastie actuelle, on continue, cependant, à l'appeler le Ho Phra Nak.
En dehors des bâtiments mentionnés ci-dessus, le roi Râma III fit restaurer la bibliothèque (Phra Mondop) et le Ho Phra Monthien Tham, les petits pavillons autour de l'ubosoth, le beffroi, deux stupas en or et huit prangs, etc. Il fit embellir les jardins en faisant élever des petits monticules de pierre, installer des bancs de pierre, des pots de fleurs et fit le long des passages et devant l'entrée, des sculptures chinoises en pierre. Le roi fit aussi mouler en bronze un ermite assis, un médecin célèbre, et fit installer cette sculpture derrière l'ubosoth devant la porte Ouest.
Une meule fut placée devant cette statue afin que les gens qui venaient la vénérer puissent broyer leur médicament et en accroître l'efficacité.
Sous le règne du roi Râma IV (roi Mongkut 1851-1868), il y eut beaucoup de modifications. La grande terrasse où on avait édifié la bibliothèque (Phra Mondop) fut élargie aussi bien du côté Ouest que du côté Est et bordée d'une double balustrade.
On ajouta six portails, six escaliers et des galeries à l'Est et à l'Ouest. Le portail oriental, dont le sommet est en forme de couronne thaï , fut flanqué de deux pavillons. A l'Ouest, on fit élever un portail avec la toiture à quatre faces et un pavillon au Nord.
Devant la bibliothèque, à l'Est, le roi fit édifier un pavillon sunnonté d'un prang qui est maintenant appelé Panthéon Royal. La construction commença en 1856.
Au début, le roi voulait y transférer le Bouddha d'Emeraude car il pensait qu'il était impropre pour un Bouddha d'être situé en dessous du Tripitaka, mais, une fois le bâtiment achevé, celui-ci s'avéra trop petit pour y organiser des cérémonies. On le laissa alors inutilisé. Les deux stupas construits par le roi Râma I furent remplacés par deux stupas en or placés sur la terrasse devant l'aile orientale du Panthéon Royal.
A l'Ouest de la bibliothèque (Phra Mondop,), on éleva, en 1855, un stupa copié sur le grand stupa du Wat Phra Si Sanpet à Ayuthya.
Dans cet édifice, appelé Phra Si Ratana Chedi, les reliques de Bouddha ont été conservées. La mosaïque dorée qui le décore actuellement fut réalisée sous le règne du fils du roi Mongkut, le roi Râma V (roi Chulalongkorn, 1868-1910) .
La superstructure en bois de la bibliothèque fut restaurée et les pièces d'argent qui en paraient le plancher furent remplacées par des nattes également en argent.
Au Nord de la bibliothèque, le roi Mongkut fit placer une maquette du temple d' Angkor Vat car, pendant cette période, le Cambodge était sous la domination de la Thaïlande. Cette maquette fut achevée sous le règne du roi Râma V pour la célébration du centenaire de Bangkok.
A l'angle Sud-Est de l'ubosoth, un vihûn, surmonté d'un prang, fut élevé pour abriter un ancien Chedi transporté du Nord de la Thaïlande.
Devant ce vihân, on édifia un bâtiment pour le Bouddha en bronze, Bouddha Gandhara. Cette statue fut réalisée sous le premier règne de Bangkok pour une cérémonie propitiatoire au début de la saison des semis.
Le Bouddha porte une auréole en forme de gemme ou bouton de lotus. Il est vêtu d'une robe monastique à la chinoise et sa main droite appelle la pluie tandis que sa main gauche la reçoit. Ces deux bâtiments furent, par la suite, recouverts de tuiles vernies sous le règne du roi Râma V.
Le roi Râma IV fit également préparer un site devant le Vihân abritant le Bouddha Gandhara pour placer le trône en pierre du roi Ram Khamhaeng (1279-1299) qui fut transporté de Sukhothai sur l'ordre du roi Râma IV pendant sa période de retraite. Cet objet a été depuis transféré dans un autre site.
Au Sud de l'ubosoth, on éleva un nouveau beffroi, probablement sur le site de l'ancien.
Derrière l'ubosoth, à l'Ouest, le roi Râma IV fit construire un pavillon surmonté d'un prang décoré de tuiles vernies afin d'abriter un ancien prang en bronze appelé Phra Pothithat Piman, il fit ensuite flanquer ce pavillon de deux petits édifices. Celui du Nord, appelé Ho Rachakaramanusorn, abrite trente-quatre petits bouddhas en bronze dans des attitudes variées dédiés aux trente-trois rois d'Ayuthya et au seul roi de Thonburi.
Ces bouddhas, sculptés sur l'ordre du roi Râma III, furent moulés dans du cuivre trouvé à Chantuk, dans la province de Nakhon Ratchasima (Khorat) au Nord-Est de la Thaïlande.
Le roi demanda à son oncle, S.A.R. le Prince Paramanuchit, qui était encore bonze, d'inventer quarante attitudes de Bouddha, inspirées de sa vie. Mais on n'en réalisa que trente-quatre.
Les fresques intérieures décrivant l'histoire d'Ayuthya furent achevées par Khrua ln Khong, peintre éminent qui utilisa le premier les lois de la perspective appliquées par les peintres occidentaux. A l'interieur du bâtiment Sud, appelé Ho Rachapongsanusorn dédié aux rois de la dynastie Chakri, on trouve aujourd'hui huit petits bouddhas dans des altitudes différentes, chacun d'eux étant surmonté d'une ombrelle à cinq étages. Les fresques intérieures représentent la vie du roi Râma I ou l'histoire de Bangkok et elles sont probablement l'oeuvre d'un artiste dont le style est éloigné de celui de Khrua ln Khong.
Le roi Râma IV fit, en outre, restaurer le toit de l'ubosoth et les fresques des murs latéraux. Le plancher de l'ubosoth fut renouvelé et les fenêtres remplacées par des fenêtres en nacre. Les gardiens de porte chinois et les anges-gardiens des fenêtres qui, à l'origine, étaient peints, furent remplacés par des stucs dorés et ornés de verre coloré. Les tuiles vernies entourant la base de l'ubosoth furent également remplacées.
Le roi commença aussi la restauration des galeries et des peintures du Râmakien. Ce travail fut achevé sous le règne de son successeur.
C'est en 1882, sous le règne du roi Râma V, que devaient avoir lieu les cérémonies du centenaire de Bangkok. Dès 1880, le roi demanda à tous ses jeunes frères, à quelques princes et à plusieurs fonctionnaires de l'aider à restaurer le temple du Bouddha d'Emeraude.
Pendant cette période de restauration, on fit également sculpter les figures en bronze doré d'animaux mythiques qui se trouvent, à présent, sur la terrasse entourant le Panthéon Royal, tandis que le Phra Si Ratana Chediétait entièrement recouvert de mosaïque dorée.
De nombreux plateaux en stuc, coiffés de couvercles coniques, inspirés des services à bétel, furent réalisés pour décorer la balustrade inférieure en pierre qui entoure la terrasse au centre du temple. Des plaques de marbre gravées de poèmes racontant l'histoire du Râmakien furent incrustées sur les colonnes des galeries face aux fresques décrivant la même histoire, alors que des poèmes concernant les avatars de Vishnu et les origines des démons et des familles de singes furent placés auprès des fresques correspondantes. Les poèmes ont été composés par le roi, quelques princes, des fonctionnaires et des bonzes bouddhistes. Des démons et des singes furent ajoutés pour soutenir deux stupas en or devant le Panthéon Royal.
Beaucoup d'objets en pierre furent également commandés pour décorer le temple. Deux grandes paires de démons-gardiens furent probablement réalisées pendant cette période, à l'imitation des huit autres qui avaient été sculptés sous le troisième règne.
Le roi fit aussi édifier des monuments pour ses ancêtres et lui-même, sur la terrasse du Panthéon Royal. L'un à l'angle Nord-Ouest dédié aux rois Râma I, Râma II et Râma III, désignés par leurs emblèmes respectifs : le sommet d'une couronne, un garuda portant deux nâgas et un pavillon.
Ces emblèmes, en bronze doré, furent placés à l'intérieur de l'autel et posés sur une colonne en marbre. Les modèles en bronze des éléphants blancs et d'autres éléphants importants de chaque règne entourent la base du monument.
A l'angle Sud-Ouest, un deuxième monument dédié au roi Râma IV reproduit son emblème : une couronne dans un autel.
Le troisième monument, édifié pour lui, porte son propre emblème : une petite couronne (Chulalongkorn) placée sur un coussin, tous deux en bronze doré, à l'intérieur de l'autel et fut édifié à l'angle Sud-Ouest du Panthéon Royal.
Les deuxième et troisième monuments furent également entourés à leur base des modèles en bronze des éléphants blancs et d'autres éléphants importants de chaque règne.
Le roi Râma V disposa des objets venus de divers pays à l'intérieur du temple du Bouddha d'Emeraude : tels les cinq Bouddhas Dhyani en pierre volcanique datant du VIIème siècle de l'ère chrétienne, venus de Borobudur sur l'île de Java.
Il les fit placer sur la terrasse au Sud de la bibliothèque (Phra Mondop), mais le roi Râma VI (roi Vajiravudh, 1910-1925) en fit transférer quatre dans les niches d'un nouveau Chedi qu'il fit constuire au Wat Rachathiwat à Bangkok.
Le cinquième fut transporté au Wat Bovornniwet, situé également à Bangkok. Quant aux quatre Bouddhas Dhyani, en pierre, que le roi Râma V avait reçu de Chandi Plaosan (IX-Xème siècles), à Java, ils furent placés aux quatre coins du Phra Mondop.
Mais, pour la célébration du Bicentenaire de Bangkok en 1982, S.A.R. la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, deuxième fille du roi actuel (S.M. roi Bhumibol, Rama IX), Présidente du Comité de Restauration du temple du Bouddha d'Emeraude, les fit transférer afin de les protéger et de les préserver au musée du temple du Bouddha d'Emeraude qu'elle a créé dans son ancien bâtiment du Département des Pages, à l'angle Nord du "Dusit Maha Prasat", dans le Grand Palais.
Elle fit ensuite placer une reproduction sur leur ancien emplacement. Elle fit de même transférer au nouveau musée, quatre paires de statues en pierre représentant les pièces de théâtre composées par le roi Râma II : le Râmakien, Kraitong, Sangtong ou le Prince à la conque dorée, et Manora. Ces statues furent probablement sculptées sous le règne du roi Râma III et placées à cette époque aux quatre coins de l'ubosoth.
Certains objets venant de l'étranger, comme une chaire, des pots à fleurs et des figures décoratives en marbre italien, datant de la fin du règne du roi Râma V, sont encore conservés dans l'ubosoth. Le roi Râma V en fit probablement don, après l'un de ses deux voyages en Europe, au Bouddha d'Emeraude.
La restauration complète du temple du Bouddha d'Emeraude, décidée par le roi Râma V en 1882, peut être considérée comme la seconde restauration et la plus importante depuis sa construction.
Un soir de l'année 1903, un grand feu se déclara sur le toit du Panthéon Royal provoqué par la vétusté de l'installation électrique. Il fallut reconstruire la toiture. Le roi fit ensuite réparer le toit en bois de la bibliothèque (Phra Mondop).
Cette restauration fut accomplie sous le règne du roi Râma VI.
Le Panthéon Royal, sous le règne du roi Râma VI, vacant depuis l'époque de son fondateur (le roi Râma IV) devint le Panthéon Royal de la dynastie Chakri.
En 1918, cinq statues des anciens rois furent transférées du pavillon Sivalai (qui se trouve dans le Grand Palais, au Sud de ce temple) au Panthéon Royal.
A cette époque, deux stupas en or furent aussi transportés à leur emplacement actuel, à l'Est de la terrasse. Quatre grands escaliers de marbre furent également construits vers le haut de la terrasse, à l'Est, au Nord et au Sud et aussi vers Phra Si Ratana Chedi , de côté Sud.
Les marches des six escaliers de marbre de l'ubosoth furent diminuées de hauteur afin d'en faciliter la montée.
Le trône en pierre du roi Ram Khamhaeng, qui avait été à l'origine placé devant le vihân du Bouddha Gandhara, fut transporté au pavillon Dusit dans le Grand Palais et surmonté d'une ombrelle blanche à neuf étages, un des insignes royaux.
En 1932, sous le règne du roi Râma VII (roi Prajadhipok, 1925-1934), Bangkok célébra sont 150ème anniversaire et le temple du Bouddha d'Emeraude fut de nouveau totalement restauré, en particulier les fresques du Râmakien le long des galeries qui étaient endommagées par la pluie et l'humidité. Elles furent complètement repeintes.
Le trône en pierre du roi Ram Khamhaeng, installé dans le pavillon Dusit, fut transféré sur ordre du roi au Hall Ananta Samakhom. Mais après le Coup d'Etat de juin 1932 qui transforma la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle, le roi fit transporter ce trône au Vihân Yod dans le temple du Bouddha d'Emeraude, privé de l'ombrelle blanche à neuf étages.
En 1982, sous le règne du roi Bhumibol ou Râma IX, Bangkok célébra son bicentenaire. S.A.R. la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, Présidente du Comité de Restauration du temple du Bouddha d'Emeraude, reçut une aide financière importante du public qui compléta le budget versé par le gouvernement. Chaque bâtiment à l'intérieur du temple put ainsi être restauré avec minutie ainsi que le trône doré du Bouddha d'Emeraude, les statues de Bouddha de l'ubosoth et les peintures du Râmakien le long des galeries.
Le trône en pierre datant de la période Sukhothai fut transféré du Vihân Yod au nouveau musée afin que le public puisse lui rendre hommage, en signe de sa reconnaissance pour le roi Ram Khamhaeng.
Ce trône est maintenant surmonté d'une ombrelle blanche à neuf étages.
Dans ce musée, sont également exposés les costumes saisonniers du Bouddha d'Emeraude, les offrandes variées faites à cette statue et quelques fragments architecturaux remplacés depuis. La Princesse a fait bâtir aussi un monument à l'angle Nord-Ouest du Panthéon Royal en mémoire du bicentenaire de Bangkok.
Il consiste en quatre emblèmes des rois : Râma VI, VII, VIII et IX : l'arme d'Indra qui crée les éclairs (Vajiravudh), l'emblème des trois pointes de flèche sous une couronne, une divinité mâle et le chiffre 9 gravé sur un disque surmonté d'une ombrelle à neuf étages.
Ces quatre emblèmes en bronze doré sont posés sur un autel placé sur une colonne de marbre dont la base est entourée de modèles en bronze des éléphants blancs et des éléphants importants des règnes respectifs. Le monument ressemble à trois autres dédiés aux ancêtres des familles royales édifiés pendant la célébration du centenaire de Bangkok.
Ainsi, on constate que le temple du Bouddha d'Emeraude, le temple le plus sacré de la Thaïlande, a subi environ tous les cinquante ans des restaurations importantes. Construit sous le règne du roi Râma I, il fut ensuite restauré respectivement sous les règnes des rois Râma III, V, VII et IX.

Voir également :Histoire du Temple du Bouddha d'Emeraude
Galerie des photographies du Grand Palais et du Wat Phra Kaeo

 
 
 
 
 
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